Résilience

Construction d’une ferme urbaine.

Lieu : Stains (93)

Maîtrise d'ouvrage : Noavedia

Maîtrise d’œuvre : archipel zero - Frédéric DENISE Architectes / BELLASTOCK BET réemploi de matériaux

Surface : 1 200 m²

Coût travaux : 2 400 000 euros HT (prévisionnel)

Année : 2019

Autres intervenant.e.s : Socotec, Veritas

Entreprises : Colas, Sylva Métal, Bois2bout, Depuis 1920, Cesbron-Dalkia Froid Solutions, Rainbow Ecosystem, Portelec, Labo Conseil, 3C, S2A, Gaillat

Chantier en cours.

Le contexte

Novaedia est une coopérative ayant comme objectif l’insertion professionnelle des jeunes des quartiers populaires, grâce à une activité de maraîchage et de transformation des produits agricoles. La coopérative souhaite agrandir ses locaux en implantant le siège social, des locaux de transformation des produits agricoles, un restaurant expérimental et la location de bureaux sur son terrain de maraîchage. C’est dans cette démarche vertueuse (commerce équitable, agriculture en ville, insertion) que nous travaillons aux côtés de Novaedia et de Bellastock. Cette association d’architecture expérimentale, assure la fiabilisation des sources de matériaux de réemploi pour le projet Résilience.

Les ambitions

L’ambition de Novaedia avec ce projet est de proposer une solution répliquable sur d’autres territoires en répondant à la question : comment réaliser une ferme productive sur un terrain d’environ un hectare en zone urbaine ?

Novaedia inscrit cette ambition dans une démarche exigeante dans laquelle son nouveau siège social sera la concrétisation de ses valeurs fondatrices :

- l’économie sociale et solidaire
- l’économie circulaire (réemploi et recyclage)
- la transition écologique

Novaedia souhaite à cette occasion développer une réflexion autour d’un bâtiment à très haute qualité environnementale. Résilience se doit donc d'être un bâtiment bioclimatique, construit avec des matières premières locales, issues du réemploi et du recyclage, géo ou bio-sourcées, en apportant des solutions aux enjeux suivants :

- Efficacité thermique
- Faible consommation d’énergie
Production d’énergie renouvelable
- Renouvellement d’air neuf à faible consommation
- Récupération de chaleur
- Récupération des eaux de pluie
Eclairage intelligent
- Insonorisation

La permaculture

La permaculture est une méthode de conception d’écosystèmes productifs complexes, qui s’inspire de la nature. Elle vise à rendre ces systèmes autonomes, stables, résilients et productifs au sein de cycles vertueux. Un écosystème est rendu auto-stable grâce à la diversité de ses éléments et à la multiplicité des liaisons fonctionnelles qui les unissent par des boucles rétroactives positives, pour les rendre stables.
Autrement dit, chaque élément remplit plusieurs fonctions, et chaque fonction est assurées par plusieurs éléments, qui interagissent entre eux en réseaux. De sorte que si un élément est défaillant, les fonctions sont quand même assurées. Ces systèmes sont donc résilients, c’est-à-dire qu’ils s’auto-régulent en cas de dysfonctionnement d’une des parties et s’adaptent en cas de crise.
C’est pourquoi le bâtiment s’appelle Résilience.

Etique de la permaculture

La permaculture se base sur une étique orientée vers trois axes :

-   Prendre soin de la nature, dont dépend la subsistance de l’humain et de toute vie.

-   Prendre soin de l’humain, en comblant ses besoins fondamentaux et son épanouissement par les relations humaines.
 -   Limiter les consommations, partager équitablement et redistribuer les surplus.

Cette étique est intimement liée à celle de la coopérative Novaédia, qui œuvre depuis ses origines sur ces trois axes.


Le site

La Ferme des Possibles occupe un terrain rectangulaire d’environ 140 m de long par 90 m de large, sans aucun masque au sud. Il accueille actuellement, au milieu de potagers et de vergers, des serres, des cabanes de jardins, un petit amphithéâtre paysager et une mare.
Les accès existants seront conservés. Les véhicules viennent de la rue du Bois Moussay, par la voirie existante, jusqu’au parking qui sera situé au Nord de la zone constructible. Les piétons accèdent à la parcelle par le même  chemin, ou par l’Ouest, en venant du gymnase ou par le Sud, depuis la rue de la Coop.
A l’Est un talus planté mettra à distance le bâtiment des pavillons voisins. Il permet aussi d’aménager une rampe à pente douce pour accéder à l’étage du bâtiment.

 
Abriter et exprimer les fonctions

L’architecture de Résilience s’inscrit dans les valeurs de la coopérative, à la fois innovante et insérée dans son environnement physique et humain.

Cette architecture est au service du projet pour abriter les différentes fonctions du programme. Elle est aussi porteuse de sens, par l’image qu’elle donne du projet dans sa forme et sa matérialité ; la façon dont elle met en scène les différentes fonctions.

Pourquoi « Résilience » ?
Comme son nom l’indique, le projet Réslience se construit suivant les principes de la permaculture : le déchet n’existe pas, tout se recycle ou se réemploi localement, dans une économie de moyens et d’énergie.
L’originalité du projet est qu’il associe deux approches différentes, mais convergentes, comme sa pratique de l’agricuture :
- une approche bio-climatique et low-tech, à très basse énergie grise, avec l’emploi de matériaux bio-sourcés locaux, et des matériaux de réemploi, mettant en jeux des méthodes passives pour réguler l’ambiance hygro-thermique
- une approche high-tech visant un très haut rendement productif et qualitatif
La double approche low-tech et high-tech s’exprime dans l’architecture de Résilience. La serre aquaponique, chauffée et régulée en lumière toute l’année, est composée de doubles vitrages performants et comme

enchâssée dans un ensemble composé de fenêtres de réemploi, de murs en bottes de paille et terre crue.

Ce programme d’intérêt collectif a l’ambition d’être mené dans une démarche environnementale exemplaire. La conception du bâtiment est bioclimatique. Les matériaux utilisés sont à basse énergie grise, issus du réemploi, du recyclage ou bio-sourcées. Apports solaires, puits canadiens, pompe à chaleur et panneaux photo-voltaïques assureront un bilan énergétique positif.


Implantation – volumétrie

Seule une bande dans la partie Est du terrain est constructible, déterminant l’implantation du bâtiment Résilence. Il épouse la forme des pavillons voisins, avec un toit à double pente qui s’étire dans le même axe nord-sud, lui donnant la morphologie d’une longère, en cohérence avec sa vocation agricole.

L’emprise de la construction est d’environ 1 200 m².
La hauteur de la construction est similaire aux maisons voisines : 9 m de hauteur de faitage et 5,80 m de hauteur à l’égout de toit.

Fonctionnement du bâtiment

Résilience est constitué de pôles en relation entre eux suivant le séquençage du cycle de production, transformation, distribution et consommation.

Cette longère est partitionnée dans la longueur, suivant l’organisation des locaux et le séquençage de la chaine de production. Les différentes fonctions se distinguent dans le traitement des façades et du toit. Dans ce séquençage, on retrouve, du Nord au Sud (ou du parking vers le soleil), la partie mutualisée, la partie « paniers », un espace tampon d’accueil, la partie équipe activité, la partie production traiteur et enfin le restaurant. Le siège social et la serre sont situés à l’étage.

Les différents lieux de production sont reliés par une circulation en façade Ouest pour l’approvisionnement. Une seconde en façade Est sert pour l’export. De grandes étagères donnent également aux circulations le rôle de stockage.

Cette double circulation est idéale pour l’organisation des flux propres-sales et arrivées-départs.

Le public est réparti entre le restaurant au RDC et les espaces tampons, selon leur fonction. L’accès à l’étage se fait par l’escalier principal situé dans l’espace tampon central ou par l’extérieur, en façade Est. Un talus intègre à la fois un escalier extérieur et une pente douce facilitant l’accès des personnes en fauteuil roulant et du matériel vers l’étage. Le RDC a une surface d’environ 1 200 m² et l’étage, une surface d’environ 800 m².

Conception bio-climatique

Résilience est conçu pour s’adapter au climat extérieur en toutes saisons de façon passive, c’est-à-dire pour obtenir une ambiance hygro-thermique intérieure confortable avec un minimum de dépense d’énergie.

Il se présente comme une boite isolée, au sein d’une enveloppe vitrée. Cette configuration limite les échanges thermiques entre l’intérieur et l’extérieur grâce aux espaces tampons compris entre les deux enveloppes.
Ces espaces tampons, lieux de circulations sont chauffés par les seuls apports solaires, et par un puit canadien. Ils régulent naturellement les écarts de températures.

Les façades vitrées sont protégées des surchauffes d’été par des écrans qui s’adaptent au parcours du soleil suivant les saisons, le plus simplement possible.
Ainsi la façade sud est ombragée l’été par un débord de toiture et des brises soleils horizontaux fixes, dont la disposition laisse passer le soleil en hiver. Cette façade, qui éclaire le restaurant, est doublée à l’intérieur par un mur trombe en brique de terre crue, qui encadre le restaurant et apporte de l’inertie thermique, chaleur en hiver et fraîcheur en été.

Les façades Est et ouest sont ombragées l’été en partie basse par une haie fruitière à feuilles caducs : cassissiers, framboisiers, groseilliers.

Hormis la serre, les parties supérieures des façades vitrées et la verrière sont équipées de stores extérieurs. Un puit canadien et une sur-ventilation nocturne (free-cooling) rafraichissent des masses à inertie thermique tels que le sol et mur en briques de terre crue.

Une architecture économe en ressources

Résilience sera sobre en matériaux et en énergie, aussi bien en phase construction qu’en phase d’exploitation, pour avoir un poids carbone et une empreinte écologique minimales.
Les matériaux employés sont à très basse énergie grise.
-  Bio-sourcés et locaux : paille, terre du terrain
-  Issus de recyclage de matériaux du chantier: béton de papier
-  Matériaux de réemploi issus de chantiers de démolition locaux: menuiseries extérieures, tuiles mécaniques, poutrelles métalliques, dalles de sol en granit du Tarn


Un chantier exemplaire

Dans la logique de la démarche, la phase de construction du bâtiment Résilience se doit d’être exemplaire et innovant dans les domaines environnementaux et sociaux.
Le temps du chantier sera un moment qui portera les valeurs de projet avec les mêmes principes inclusifs, d’économie circulaire et d’écologie.
La construction du bâtiment entrera alors en résonnance avec sa future fonction et son environnent.

La démarche de tri sera très poussée, et les déchets seront réemployés ou recyclés sur place :
-  La conception et le dimensionnement des ouvrages sera faite pour limiter au maximum les chutes, et celles-ci seront réemployées dans le projet.
-  Les emballages papiers et cartons des produits de construction entreront dans la composition de béton de papier, réalisés sur place pour faire des cloisons intérieures isolantes.
-  Les emballages plastiques seront recyclés en gabion de matières inertes

Le chantier sera un évènement support pour communiquer auprès des habitants et des scolaires, et de façon plus large vers tous les acteurs de l’agriculture urbaine et de l’aménagement du territoire.
Des ateliers participatifs seront organisés, dans le délai du chantier, pour la réalisation des murs en pailles, en terre crue et en béton de papier.

Pour aller plus loin

 

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41 rue d'Iéna, 76600 LE HAVRE

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